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Médias « Stick It », plus qu’un film 
Publié par RomaVIP
Vendredi 05 janvier 2007 à 19:23:53

Stick It de Jessica Bendinger (D.R.)

Haley Graham, 17 ans, est une jeune rebelle au caractère bien trempé. Autant dire que son père, qui l’élève seul, a bien du mal à se faire respecter... Mais à force de jouer avec le feu et de traîner avec ses copains motards, elle se retrouve devant le juge des enfants. Pour son plus grand malheur, Haley, ex-championne de gymnastique junior, est condamnée à purger sa peine dans une école de gymnastique dirigée d’une main de fer par Burt Vickerman, entraîneur réputé pour ses méthodes para-militaires.

Avec sa forte personnalité et son sens de la ré­partie, Haley ne tarde pas à s’attirer quelques fidèles amis, mais aussi à s’aliéner une bonne partie des élèves de l’école. À sa grande surprise, c’est en Vickerman qu’elle trouve son plus solide allié. L’entraîneur a en effet vite saisi que la jeune fille a l’étoffe d’une grande gymnaste. Tout en renouant avec la compétition, Haley découvre peu à peu le sens du mot respect tandis que Vickerman comprend qu’il faut parfois savoir transgresser les règles...

Une communauté de femmes hors du commun
S’il y a bien un type de personnage qu’on retrouve constamment chez la scénariste et réalisatrice Jessica Bendinger, c’est celui d’une jeune femme au fort caractère cherchant à se tailler une place au soleil. Pour Bendinger, il s’agit sans doute d’une situation où l’art se met à imiter la vie.

Ex-critique musicale au magazine Spin et journaliste pour MTV News, elle a également signé de nombreux vidéo-clips avant d’écrire le scénario d’AMERICAN GIRLS, succès inattendu avec Kirsten Dunst, qui décrit le monde cruel des pom-pom girls. Elle est également l’auteur des scénarios de LA VÉRITÉ SUR CHARLIE, DES ÉTOILES PLEIN LES YEUX et AQUAMARINE, et a été con­seillère à l’écriture de la série culte «Sex and the City», dont elle a également écrit un épisode.

Quel que soit le contexte dans lequel évoluent ses personnages féminins (le milieu des pom-pom girls, des agents secrets ou du journalisme), ces dernières ont toutes en commun un caractère bien trempé et individualiste, et font tout pour s’en sortir dans un monde foncièrement machiste.

« La plupart de mes protagonistes sont des filles un peu rebelles, qui n’ont pas froid aux yeux, et qui se sont toutes heurtées à un obstacle, note la réalisatrice. Il faut bien l’admettre : quand on est ado et qu’on refuse d’être dans la norme, on n’a pas beaucoup de choix. En vieillissant, on peut réussir à aller jusqu’au bout de ses rêves, mais ce n’est pas ce qu’on nous apprend au lycée. On y apprend plutôt à se fondre dans la masse. On pourrait dire de mes personnages - quel que soit leur âge - qu’ils tentent d’aller jusqu’au bout de leurs désirs. »

C’est cette thématique de l’épanouissement personnel, de même que son attachement à la gymnastique, qui a poussé Bendinger à écrire non seulement le scénario d’AMERICAN GIRLS (car le film parle autant de gymnastique que des pom-pom girls), mais aussi celui de STICK IT. « Quand j’assistais aux compétitions de pom-pom girls, où les culbutes et les acrobaties étaient vraiment sensationnelles, je me disais que ce serait formidable d’en faire un film, poursuit-elle. Du coup, quand l’idée m’a traversé l’esprit, je me suis dit : mais pourquoi ne pas carrément revenir à l’origine du phénomène des pom-pom girls, qui est un univers que je connais bien, autrement dit la gymnastique ? J’avais le senti­ment que ça tombait à pic, puisque les Jeux Olympiques allaient commencer et que ça m’enthousiasmait. J’adore ce sport, alors pourquoi ne pas me lancer ? Il faut écrire sur ce qu’on aime. C’est comme ça que le projet est né, à la fois de mon propre vécu, mais aussi du désir de raconter l’histoire d’une jeune fille au fort tempérament qui évolue dans un monde parfois étrange. »

La réalisatrice a elle-même pratiqué la gymnastique en compétition, de 9 à 12 ans, et a ainsi décroché une troisième place aux épreuves d’exercices au sol. Elle a fréquenté un gymnase du Connecticut, dirigé par Muriel Grossfield (double médaille olympique), et a été entraînée par Don Peters, lui-même entraîneur olympique en 1980. « C’était vraiment le top en matière d’entraînement, ajoute-t-elle. J’ai fait des stages de gym, de la compétition, et des exercices obligatoires : ça comptait beaucoup pour moi, et j’ai fait tout ça très sérieusement. »

Alors qu’elle travaille sur une première version d’AMERICAN GIRLS qui porte à l’époque le titre CHEER FEVER -, Bendinger rencontre sa future productrice, Gail Lyon, productrice exécutive de PETER PAN et de STUART LITTLE 2 et co-productrice d’ERIN BROCKOVICH. « Jessica et moi nous connaissons depuis longtemps, précise Lyon. J’avais trouvé AMERICAN GIRLS hilarant, sincère et original. Je venais d’acheter les droits d’un article du New Yorker, et je me disais que ça lui correspondrait parfaitement : je lui ai donc proposé d’écrire le scénario et nous sommes alors devenues amies. Même si on n’avait encore jamais réellement collaboré sur un projet, on se donnait des conseils mutuellement et on parlait de scénarios et de ses projets. Cela fait longtemps qu’elle a l’idée de faire un film qui se passe dans le monde de la gym. Elle m’a proposé d’y participer et de le produire. Quand je me suis dit que ça donnerait un film portant sa patte où l’on retrouverait les personnages féminins dont elle a le secret, et qui se déroulerait dans le milieu de la gym, je n’ai pas hésité une seconde ! »

« La gymnastique est un sport très étrange, remarque Bendinger. Bien qu’il ne soit pas vraiment ancré dans notre culture, c’est la première discipline olympique, voilà tout. C’est à la fois captivant et dérangeant de voir de très jeunes filles prendre autant de ris­ques, et je pense du coup qu’on les regarde avec une certaine fascination. Je crois aussi qu’on prend un peu de distance par rapport à elles parce qu’elles nous impressionnent. C’est pour cela qu’en écrivant le scénario, je me suis efforcée de montrer qu’il s’agit d’un sport très dur, d’aller contre les idées préconçues, et de faire comprendre au spectateur que ces filles sont aussi fortes - pour ne pas dire plus fortes - que les footballeurs et que certains de nos plus grands sportifs. J’ai aussi voulu montrer ce qu’elles sont capables de faire avec leur corps, et qui va de pair avec leur exigence, leur discipline et leur entraînement. »

Pour donner plus de réalisme à son histoire, Bendinger réunit soigneusement depuis quelques années des articles de presse et des enregistrements vidéo concernant toutes sortes de compéti­tions de gymnastique. En octobre 2004, elle a réalisé un montage très rythmé de deux minutes trente d’images de gymnastes, et s’en est servi pour convaincre les studios de produire son projet. Après une guerre de surenchères entre sociétés de production, c’est finalement Disney qui a eu le dernier mot : le premier long métrage de Bendinger sera donc produit par Touchstone Pictures (filiale de Disney), en association avec Spyglass Entertainment.

« Quand on fait un film qui se déroule dans un contexte bien précis, il est crucial que l’intrigue et les personnages soient les plus réalistes possibles, jusque dans le moindre détail, ajoute la réalisatrice. Je me suis entretenue avec pas mal de juges et de gymnastes. J’ai fait très attention aux détails techniques, parce que c’est un sport méconnu et déroutant, régi par un système de points et de règles franchement bizarres : par exemple, si votre bretelle de soutien-gorge dépasse de votre justaucorps, cela peut vous coûter très cher, même si vous êtes en train d’exécuter une figure complexe à toute vitesse. C’est ce type de règles qui posent problème à Haley et qu’elle remet en cause, et qu’elle convint ses camarades de remettre en cause également. »

« Même si la gym est un sport de très haut niveau qui procure de grandes satisfactions, on entend souvent dire que c’est un truc de filles et de chochottes, ajoute Lyon. J’espère que les spectateurs seront impressionnés par les performances extraordinaires de ces filles, et qu’ils s’apercevront du travail hallucinant que cela exige. On ne peut vraiment pas douter une seconde de la force et de la détermination de ces sportives qui sont, pour la plupart, de toutes jeunes filles. C’était l’univers rêvé pour le film de Jessica. »

A la recherche d’Haley Graham
Alors que la production s’apprête à organiser un casting à travers tout le pays (à la recherche d’une gymnaste sachant jouer la comédie, ou d’une actrice s’y connaissant en gym), Bendinger tombe par hasard sur un épisode de la série «Life as we know it», dans lequel joue la jeune Missy Peregrym. « J’ai vu Missy, et je me suis dit : C’est qui cette fille ? J’ai trouvé son nom dans le générique et j’ai fait une recherche sur le net : j’ai vu qu’elle jouait dans une autre série et qu’elle avait eu un petit rôle dans un film. J’ai ensuite visionné un autre épisode de la série, et je me suis dit : On tient notre Haley ! Missy a fait une lecture, et s’est tout naturellement appropriée le personnage. Elle était bien dans sa peau et possédait un mélange d’innocence et de maturité. Elle avait tout ce qu’il fallait pour incarner ce personnage. Dès qu’on l’a vue, elle est devenue Haley. »

Pour la productrice Lyon, il était clair dès le départ qu’il fallait une comédienne relativement inconnue. « Nous avons auditionné pas mal d’actrices et de gymnastes afin de trouver la personne capable d’incarner l’esprit de notre héroïne, dit-elle. C’était bien entendu un rôle très dur car il fallait non seulement posséder les compétences sportives, mais aussi en faire un personnage rebelle et attachant. Quand on a rencontré Missy pour la première fois, elle dégageait une telle énergie qu’elle s’est tout de suite imposée à nous comme une évidence. »

Dans le scénario de Bendinger, Haley Graham se consacre entiè­rement à la gymnastique depuis qu’elle est toute petite, jusqu’à ce qu’elle abandonne brusquement une compétition à l’âge de 15 ans, alors qu’elle est classée espoir féminin au niveau national.

C’est au cours de cette rencontre sportive qu’elle découvre un secret qui bouleverse sa vie : désespérée, elle abandonne la gym pour toujours. « Parfois, quand on est ado, il y a des événements qu’on ne peut pas supporter. Quand Haley comprend que ses parents lui ont caché des choses sur leur identité, elle en est vrai­ment chamboulée, explique Peregrym.»

Vivant désormais seule avec son père, promoteur immobilier du Texas, elle se sent totalement déprimée et traîne avec ses deux meilleurs copains, Poot et Frank, qui sillonnent le coin sur leurs motos tout terrain et s’attirent souvent des ennuis... Tandis qu’elle tente d’exécuter une figure particulièrement spectaculaire avec sa moto, Haley percute une porte-fenêtre en verre très coûteuse (il s’agit d’une maison faisant partie du parc immobilier de son père) : c’est alors qu’elle se retrouve devant un juge qui la con­damne à une sorte de rééducation. « À ce moment-là, rien n’in­téresse Haley, reprend la comédienne. Elle se fout de tout. Elle est de nouveau convoquée au tribunal où elle est condamnée à reprendre la gym à cause de ses conneries. »

En guise de réparation, Haley doit intégrer la Vickerman Gymnastics Academy, dirigée par le redoutable Burt Vickerman, entraîneur et ex-champion de gym, qui possède charisme et combativité.

Ce n’est pas le monde réel, c’est mon monde à moi
Quand Jeff Bridges a donné son accord pour camper Vickerman, Jessica Bendinger, qui signe là son premier long métrage, confie qu’elle a eu le sentiment d’être dans la situation de celui qui vient de décrocher son permis de conduire et à qui on confie une Ferrari ! « C’est un acteur mythique pour moi, et c’est une grande chance pour le film qu’on ait pu l’avoir. Jeff nous a apporté son expérience et la justesse extraordinaire de son jeu. Il a rendu son personnage totalement vraisemblable, si bien qu’on finit par croire qu’il est lui-même entraîneur sportif. »

Quatre fois cité aux Oscars, Jeff Bridges a été à l’affiche de plusieurs films salués par la critique, comme LA DERNIÈRE SÉANCE de Peter Bogdanovich, STARMAN de John Carpenter, À DOUBLE TRANCHANT de Richard Marquand, THE BIG LEBOWSKI des frères Coen, PUR SANG, LA LÉGENDE DE SEABISCUIT de Gary Ross et LIGNES DE VIE de Todd Williams.

« Quand j’ai découvert le scénario, je me suis dit que ce serait génial d’interpréter un entraîneur, indique-t-il ». Il explique qu’il a toujours été un grand admirateur du célèbre entraîneur de l’équipe de basket-ball de UCLA, John Wooden, qui a d’ailleurs entraîné son frère Beau Bridges quand il était à l’université.

« Je me suis dit que ce serait vraiment intéressant de m’inspirer de ce grand bonhomme, même s’il ne travaille pas exactement comme un entraîneur de gym. »

« Vickerman ne sait rien de ce qu’éprouve Haley - de sa souffrance, de sa tristesse et du sentiment d’avoir trahi des êtres chers, précise Peregrym. Il pense qu’elle en veut à tout le monde pour rien. C’est pour cela qu’au départ les rapports entre Haley et Vickerman sont très hostiles : elle a d’abord avec lui une attitude sarcastique et provocatrice, parce que chacun tente de mettre l’autre à l’épreuve. Haley a le sentiment que tous les gens auxquels elle s’attache la laissent tomber, et du coup ses sarcasmes et son sens de l’humour sont sa manière à elle de dissimuler sa souffrance. » Comme si cela ne suffisait pas, la jeune fille comprend que Vickerman, pour qui la sécurité passe avant tout, ne prend pas non plus de risques avec les sportifs qu’il entraîne - peut-être même pêche-t-il par excès de prudence. Haley finit par faire bouger les choses en poussant ses camarades à se dépasser, à la fois dans leurs enchaînements et dans leur vie.

Pour se documenter sur son personnage, Bridges s’est d’abord entretenu avec Bendinger qui l’a initié au monde de la gymnastique. « J’ai pu me rendre aux tournois nationaux avec ma caméra vidéo, se rappelle l’acteur. Je devais avoir l’air un peu bizarre parce qu’on assistait à un spectacle sportif de haut vol, et moi, je filmais seulement les entraîneurs, sans m’intéresser aux exploits des gymnastes. Mais j’ai beaucoup appris sur le fonctionnement des entraîneurs. Il y a chez eux beaucoup de tendresse - ils arrivent à encourager les sportifs -, mais il y a aussi une certaine forme de dureté qui était intéressante à observer, et qui correspond assez bien à mon personnage. »

« Jeff est un vrai pro, c’est un type tellement affectueux et généreux, qui aime tellement travailler en équipe, qu’il a tout de suite mis tout le monde à l’aise, note la réalisatrice. Il y avait une atmosphère géniale sur le plateau, et c’était en grande partie grâce à sa générosité. »

« C’était intéressant, parce que je crois que Missy et Jeff se sont vraiment bien entendus d’emblée, ajoute Lyon ». Elle précise que l’acteur a lui-même trois filles de l’âge de Missy, et qu’il a donc de très bon rapports avec les adolescentes. « Il sait parfaitement s’y prendre, parce qu’il a dix ans d’expérience derrière lui ! »

Les jeunes comédiens, dont Peregrym, se sont vite sentis encouragés par Jeff Bridges et n’ont pas tardé à constater que c’était un vrai bonheur de tourner avec lui. « Tout le monde sait que c’est un type adorable et drôle, et c’est une réalité. » En éclatant de rire, Peregrym ajoute : « Après avoir élevé trois filles, il sait y faire. Il sait qu’il nous arrive de péter les plombs. C’est génial qu’un type qui a eu son parcours n’ait pas pris la grosse tête. »

Orgueil & excellence
Outre ses conflits familiaux, c’est le sentiment que la gymnastique est soumise à des règles injustes qui anime Haley : elle ne sup­porte ni les décisions arbitraires des juges, ni le caractère aléatoire de plusieurs règlements, ni le manque d’originalité de la plupart des figures imposées. En menant ses recherches, Peregrym a fini par avoir le même point de vue que son personnage. « Les juges sont très durs, explique-t-elle. J’ai assisté à des compétitions où les jeunes filles sont totalement abattues dès qu’elles ont commis la moindre erreur, alors qu’elles viennent d’accomplir une figure spectaculaire. C’est vraiment dur à vivre pour une ado, et Haley ne supporte plus ça. Elle a le sentiment que les juges passent leur temps à juger les gymnastes, mais que personne ne les juge ja­mais, eux. Quand une gymnaste ne décroche pas la récompense qu’elle mérite, c’est vraiment frustrant. »

Quand Haley arrive à la VGA, elle a donc plusieurs raisons légi­times de ne plus aimer la gymnastique. Il y a alors une certaine ironie dans le fait qu’elle soit détestée par certaines de ses cama­rades qui se souviennent qu’elle a abandonné le championnat et détruit tout espoir de médaille d’or de sa coéquipière, Tricia Skilken. En revanche, les gymnastes les plus jeunes se mettent à l’admirer pour son esprit rebelle.

« J’adore les histoires de rivalités, déclare Bendinger avec passion. J’aime les situations où deux points de vue s’affrontent, c’est très exaltant à écrire. »

C’est alors qu’entre en scène l’ennemie jurée de Haley, Joanne - l’une des protégées de Vickerman - campée par Vanessa Lengies qui s’est fait connaître grâce à la série «Mes plus belles années».

Lengies a été séduite par l’énergie émanant de Joanne, et par ses rapports avec les autres personnages. « Même si je suis la sorcière du film, on comprend pourquoi elle se comporte comme ça, on comprend sa fragilité et on voit bien que ses démons intérieurs rejaillissent sur son entourage, explique-t-elle. Je tenais à ce qu’il y ait un personnage de méchante, mais sans vision manichéenne, précise la réalisatrice. Joanne a été un personnage compliqué à écrire parce qu’elle est effectivement la méchante de l’histoire, mais qu’elle est aussi un peu folle et qu’elle s’exprime mal, même si elle s’imagine être très futée et qu’elle pense incarner la perfection. »

« Je crois que Joanne symbolise - du moins au début du film - tout ce que Haley déteste dans la gym : elle est d’une obéissance qui frise la soumission et c’est une mijaurée, reprend Gail Lyon. Mais je pense que Joanne finit par apprécier le regard de Haley sur la pratique de la gymnastique, ainsi que son ouverture d’esprit. »

« Joanne est une vraie bêcheuse, ajoute Lengies. Dans son monde - et la gym est SON monde - tout doit être parfait... Elle n’est jamais sortie de sa bulle. C’est une vraie marionnette : c’est la marionnette aussi bien de sa mère que de Vickerman. Elle n’a jamais connu que ça. Quand Haley la rencontre, elle se revoit en elle telle qu’elle était autrefois. Haley voudrait faire comprendre à Joanne qu’il n’y a pas que la gym dans la vie, et c’est ce qui explique leurs prises de bec. Haley en fait une affaire personnelle : elle veut que Joanne sorte un peu de son monde. »

Mais certaines élèves de l’école se prennent d’affection pour Haley. C’est ainsi que Wei Wei Yong et Mina Hoyt sont très impressionnées par la nouvelle venue et admirent son regard sur le sport et la vie. Nikki SooHoo, 16 ans, campe Wei Wei, la plus jeune gymnaste de l’équipe de choc de Vickerman. « Mina et moi sommes les deux plus jeunes gymnastes, celles qu’on appelle la viande fraîche, plaisante SooHoo. En un sens, nos personnages mûrissent tout au long du film. Haley nous apprend à nous débrouiller dans la vie et à nous battre : elle nous montre qu’il vaut mieux défendre ses positions que de se laisser marcher dessus. Je pense que tout le monde peut se reconnaître dans cette vérité : il faut trouver la force d’aller jusqu’au bout de ses rêves. »

Maddy Curley (la seule des quatre comédiennes principales à avoir pratiqué la gym) fait ici ses débuts au cinéma en incarnant Mina Hoyt. Ancienne gymnaste et prof d’anglais en collège en Caroline du Nord, elle avoue adorer American Girls et y avoir trouvé de l’inspiration pour son audition pour STICK IT : « On trouve dans ce film un mélange de comédie, d’esprit de compétition et de drame, précise-t-elle. J’aime beaucoup la manière qu’a Jessica de camper une situation émotionnelle forte à partir de la gym ou des pom-pom girls, tout en faisant naître l’humour des rapports entre les personnages ou de la naïveté de Mina et Wei Wei. »

« Mina et Wei Wei sont des personnages qui me permettaient de montrer la diversité des clans qu’on trouve dans les films d’ados, reprend la réalisatrice. Elle sont toutes deux d’une grande candeur, mais pas de la même manière. La naïveté de Wei Wei s’explique par son jeune âge et le fait qu’elle n’a jamais rien connu d’autre que la gym. Nikki, qui n’a que 16 ans, a apporté toute sa fraîcheur au personnage. Quant à Maddy, elle a une vraie pratique de la gym, et a donc plus de maturité. J’en ai fait un personnage qui a plus de jugeote et qui est plus grande gueule. Comme j’avais des comédiennes à la forte personnalité, j’ai dû réécrire un peu leurs personnages pour qu’ils soient davantage sur mesure. »

Les proches de Haley : deux mecs cool, son père et sa mère
Après le divorce de ses parents, Haley ne s’est pas seulement dé­tournée de la gym, mais aussi de sa famille : elle adresse à peine la parole à son père, et ne voit presque plus sa mère. Elle préfère la compagnie de ses deux copains motards, Poot et Frank, qui lui remontent le moral. Lorsqu’ils retrouvent sa trace à la VGA - et ten­tent vainement de la sortir de là -, les jeunes apprenties gymnastes comprennent que Poot et Frank sont amis avec Haley : la cote de popularité de cette dernière grimpe alors aussitôt car elle connaît des garçons...

« Poot et Frank sont mes personnages préférés, reconnaît la ci­néaste. J’ai écrit la scène d’ouverture en premier, et elle n’a pas changé d’une virgule. Ce sont deux bons à rien, qui passent leur temps sur leur console de jeux vidéo et leur moto tous terrains. Ils sont crades et ne se lavent même pas les cheveux. Ils ont des vêtements sales et ils puent sans doute un peu, mais ils sont aussi très attachants, très drôles et vraiment culottés. C’est le type de garçon que j’ai toujours aimés et qui me faisaient craquer au lycée et à la fac, et j’ai donc pris un vrai plaisir à écrire ces deux personnages. »

« Poot et Frank sont toujours là pour Haley, note John Patrcik Amedori, jeune comédien qui s’est fait connaître dans plusieurs séries télévisées et longs métrages comme L’EFFET PAPILLON. Dès qu’elle a un coup de blues, ils se pointent et lui redonnent la pêche, en tournant en dérision tous ses malheurs. »

« Je me suis bien marré en jouant Poot, parce que lui et Frank ne prennent pas grand-chose au sérieux, dit-il. Poot trouve tou­jours quelque chose de drôle et de stupide à dire, mais en fait, ils ne sont pas drôles, ils sont tout bonnement stupides. Du coup, quand ils comprennent que la gym représente quelque chose d’important aux yeux de Haley, et qu’elle prend ça très au sérieux, ils sont un peu décontenancés. Mais ils essaient tout simplement de lui remonter le moral. »

Interprète de la série «Le Comeback», avec Lisa Kudrow, Kellan Lutz incarne Frank. « C’est un type assez sauvage, remarque-t-il. Il adore la moto tout terrain et porte un tatouage, Vivre pour la moto, la moto pour la vie. »

D’après le comédien, Haley voit dans les deux garçons une échappatoire aux difficultés qu’elle a rencontrées en faisant de la gym. « Elle les fréquente pour fuir ses problèmes. Mais comme ce sont deux bons à rien, ils lui attirent encore plus d’ennuis, ce qui lui vaut d’être envoyée à l’école de gymnastique. C’est elle qui paie pour les trois. »

Lutz a beaucoup apprécié l’atmosphère du tournage et son partenaire. « On n’a fait que rigoler, dit-il. John est vraiment un chouette type. On a beaucoup de centres d’intérêt en commun, et on a donc pas mal travaillé nos personnages ensemble : je me suis beaucoup servi de son énergie, et j’imagine que l’in­verse est vrai. »

À l’affiche de NAPOLEON DYNAMITE, Jon Gries incarne le père de Haley, Brice Graham, promoteur immobilier qui tente d’élever sa fille du mieux qu’il peut. « Haley ne cesse de s’attirer des en­nuis, et elle semble condamnée à finir en prison, indique-t-il. Le juge lui demande de choisir entre une école militaire et une école de gym. Elle choisit la première, car elle a vraiment pris la gym en grippe. Mais Brice s’arrange pour qu’elle intègre l’école de gym car il estime que c’est sans doute sa porte de salut .»

Interprète de BALLROOM DANCING de Baz Luhrmann, de MARIAGE À LA GRECQUE et de AUSTIN POWERS : L’ESPION QUI M’A TIRÉE, l’actrice australienne Gia Carides campe Alice, la mère de Haley. « Elle essaie de redonner à sa fille goût à la vie, déclare-t-elle. Elle a perdu la garde de Haley, et cela la déses­père. Même si Alice et Brice ont des rapports conflictuels avec leur fille, et qu’ils se battent pour obtenir sa garde et passent leur temps à se disputer, ils ne pensent qu’au bien de Haley : ils se disent que si elle se remet à faire de la gym en compétition, cela lui permettra de retrouver une vie normale. »

Entraînement ultra intensif
Un important travail de recherche a été mené par la production pour que le film soit le plus réaliste possible. Il s’agissait en effet de brosser un portrait aussi précis que vivant du milieu de la gymnastique professionnelle et de ses règles d’entraînement. « Je suis une dingue de gym, reconnaît la réalisatrice ».

En 2003, alors qu’elle est en pleine écriture du scénario, elle rencontre Paul Ziert, célèbre éditeur d’un magazine de gymnastique, pour se faire préciser certains points techniques. Comme ce dernier l’a écrit dans sa revue International Gymnast, « en dépit de son passé de gymnaste, Jessica a sollicité mes conseils pour que l’intrigue soit d’une grande exactitude. Bien entendu, je m’en suis souvent remis à mes amies Pat Warren et Dona Jones pour les questions techniques. Elles sont toutes deux si généreuses qu’elles ont été recrutées sur le tournage pour dénicher et entraîner les gymnastes pour les besoins du film. Nous nous sommes retrouvés au final avec 19 gymnastes diplômées de l’université, 13 gymnastes étrangères et la championne américaine Nastia Liukin.»

Ziert a accepté de s’investir dans le film pour faire en sorte que les figures des gymnastes soient du plus haut niveau tout en as­surant leur sécurité.

Pendant trois mois avant le début du tournage, les quatre co­médiennes principales - Missy Peregrym, Vanessa Lengies, Nikki SooHoo et Maddy Curley - se sont retrouvées en «camp d’entraî­nement» à Los Angeles, où elles ont été soumises à des exercices physiques intensifs associés à un entraînement cardio-vasculaire. Leur entraînement a été supervisé par les consultantes sportives du film, Pat Warren et sa fille Dona Jones, et s’est déroulé à l’All Olympia Gymnastics Center et au Gold’s Gym.

Warren et Jones ont inculqué aux comédiennes les techniques de base - pendant la phase d’entraînement et le tournage - afin qu’elles évitent de se blesser et qu’elles apparaissent à l’écran comme d’authentiques gymnastes. Les actrices ont travaillé pen­dant cinq à six heures par jour, se consacrant à des exercices de gymnastique, d’entraînement cardio-vasculaire, de stretching et de musculation. Parfaitement entraînées au moment du tour­nage, Peregrym, Lengies, SooHoo et Curley ne se sont jamais senties aussi bien de leur vie.

« Bon dieu, elles ont subi une sacrée préparation ! se souvient Jessica Bendinger. Toutes les comédiennes que nous avons audi­tionnées ont dû répondre à des critères de forme physique bien précis : il fallait qu’elles soient crédibles en gymnastes. On leur a fait faire pas mal de tests : des tractions, des exercices abdomi­naux, de la danse, des barres asymétriques, de la poutre... Une fois qu’on a trouvé les comédiennes, elles ont été soumises à un entraînement intensif pour parfaire leur endurance et leur mus­culature - c’était vraiment épuisant. Quand je revois l’enregistre­ment de leur premier jour d’entraînement et que je compare ces images au film, ce ne sont plus les mêmes filles. Ça les a littéra­lement transformées. »

« Drame ou comédie, Jessica connaît vraiment bien les ados, reprend la productrice Lyon. Ça se sent dans ses dialogues et dans les rapports entre les personnages, ou encore dans la sincérité des relations entre ados et parents. »

« Je n’ai pas assisté à beaucoup de tournois de gymnastique, et j’étais donc un peu ignorante avant le film, reconnaît Missy Peregrym». Très sportive, elle possède un bon niveau en basket-ball et en football, et s’est sentie prête à suivre l’entraînement qu’exigeait son rôle.

« De l’entraînement ? Génial, et peu importe combien d’heures par jour, s’est-elle dit, après avoir décroché le rôle. Et puis, quand j’ai commencé, j’ai trouvé ça très frustrant, car tout a l’air facile, alors que c’est loin d’être le cas. On se dit que c’est facile de marcher sur une poutre ou de faire des exercices au sol, alors qu’en réalité, il faut être en parfaite forme physique parce que chacun de vos muscles est sollicité pour le moindre mouvement que vous faites. L’apprentissage a été incroyablement difficile et épuisant. Mais c’est l’école de l’humilité. Maintenant que je sais le travail que ça représente d’arriver à leur niveau, j’éprouve un immense respect pour les gymnastes. »

Vanessa Lengies ne connaissait rien à la gymnastique et n’avait aucune pratique sportive. « C’est drôle parce qu’après un mois d’entraînement, nous pouvions déjà faire des choses qui nous avaient demandé des efforts gigantesques, comme grimper à la corde à noeuds ou tenir en équilibre sur les mains pendant 10 secondes. On était très fières, jusqu’à ce qu’on observe des gym­nastes qui exécutent des figures hallucinantes et défient les lois de la gravité. On se rendait bien compte que ce qu’elles faisaient était bien plus difficile, mais on était quand même fières d’avoir pu tenir en équilibre sur nos mains toutes seules ! »

Malgré les souffrances causées par l’entraînement, Lengies n’a pas regretté la préparation intense qu’elle a suivi : « Heureusement que Dona et Pat nous ont secoué parce que franchement, sans elles, on n’aurait jamais pu faire la moitié des exercices qu’exigeaient nos rôles. Je suis bien convaincue que la gym est le sport le plus difficile qui existe. Il mobilise tous vos muscles, toute votre force, toute votre énergie et toute votre concentration, car c’est 50% physique et 50% mental. Je sais bien que les filles qui font de la compétition font des exercices mille fois plus difficiles que ce que j’ai eu à faire pour le film, mais ce sont des professionnelles. Je serai à tout jamais fan de gym car il s’agit d’un sport fascinant et que ces filles méritent toute notre admiration. »

« On n’a pas vraiment travaillé à la Actor’s Studio, mais je me suis pas mal servie de l’entraînement pour enrichir mon personnage, notamment au niveau de la souffrance, du sentiment de frustration et de la difficulté, ajoute Peregrym. J’ai non seulement acquis une meilleure connaissance de la gymnastique, mais surtout une meilleure connaissance de mon personnage. »

En dépit d’une remarquable forme physique, Maddy Curley a subi le même entraînement que les autres comédiennes. « Je n’ai jamais fait autant d’exercice physique par jour que pour ce film, dit-elle. J’ai appris des mouvements à l’âge de 23 ans, que je n’aurais jamais pensé être capable d’apprendre. Je me sens vraiment redevable envers Pat et Dona parce que ce sont de vraies pros. J’aurais adoré apprendre ces techniques quand j’étais à la fac. »

Bien qu’elle fasse de la gym depuis 19 ans, le film lui a donné l’occasion de participer à sa première «compétition» en finale : « C’est comme si j’avais eu le beurre et l’argent du beurre, ajoute-t-elle. En plus, il n’y a pas de stress, car si je me plante, on peut refaire la prise. C’est ce qu’il y a de génial au cinéma, par rapport à une vraie compet’. »

Malgré leur entraînement intensif, les comédiennes n’ont cessé de parfaire leurs mouvements tout au long du tournage. Pour une de ses scènes les plus importantes, Peregrym exécute une figure au sol durant la Finale, qui mêle exercices de gym et techniques de danse : l’actrice s’est entraînée avec trois experts, la consultante Dona Jones, la championne française Isabelle Severino, double médaille olympique, qui lui a servi de doublure, et le chorégraphe Marty Kudelka, qui s’est fait connaître pour ses collaborations avec *NSYNC, Pink, Janet Jackson, Mariah Carey et Justin Timberlake.

La comédienne s’est d’abord sentie mal à l’aise car elle n’est ni danseuse, ni gymnaste. « Je n’avais vraiment pas envie d’avoir l’air stupide, dit-elle en riant. Il y avait énormément à apprendre. » Elle avoue qu’elle n’a possédé les techniques de l’exercice qu’une semaine avant le tournage, s’entraînant quand elle le pouvait. « Je me sens vraiment bête dans ce genre de situation, et j’ai donc eu du mal à donner l’impression que j’avais confiance en moi. Mais tout s’est bien passé : ça a été une sacrée expérience ! »

Lors de la même Finale, Wei Wei surprend les juges et ses coéquipières grâce à un numéro de hip-hop sur poutre. Nikki SooHoo s’est entraînée pour cette scène avec Hi-Hat, qui a réglé les chorégraphies de Missy Elliott et dirigé les pom-pom girls dans AMERICAN GIRLS.

Outre les experts en gymnastique, la production a fait appel au chef cascadeur Keith Campbell qui a été assistant d’un entraîneur de gym pendant cinq ans, avant de travailler dans le cinéma. Campbell explique qu’il n’aurait pu rêver d’un meilleur emploi : « On m’a recruté pour que les gymnastes travaillent au mieux avec les actrices, afin qu’on pense que ce sont ces dernières qui exécutent toutes les figures dans le film, note-t-il. Le réalisme était notre absolue priorité. La production a voulu sensibiliser les spectateurs à la gymnastique et changer leur perception de ce sport. Tout ce qu’on voit dans le film correspond à ce que des gymnastes pourraient faire en vue du championnat du monde ou des JO. Mais on n’a pas voulu en faire trop non plus et donner l’impression que c’était truqué. Ce qu’on voit correspond à la réalité de ce sport, sans qu’on ait édulcoré quoi que ce soit. Jessica Bendinger avait ce degré d’exigence-là. »

Les gymnastes sont réputées pour être les sportives possédant les meilleures conditions physiques. Pourtant, la plupart d’entre elles sont de toutes jeunes filles, pour qui il n’est pas toujours facile de conserver une telle forme olympique. C’est pourquoi pendant les scènes d’exercices physiques les plus difficiles (durant la finale notamment) la réalisatrice a sollicité la complicité du département cantine. « Jessica nous a demandé de cacher les bonbons et les chocolats pour que les actrices puissent entrer dans leur justaucorps et faciliter la tâche des costumiers, confie une source du département cantine qui a souhaité garder l’anonymat. En fin de compte, toute l’équipe s’est mise au régime car à la cantine, on ne servait que des légumes et des fruits bios. »

Le tournage
Le film a été entièrement tourné dans le sud de la Californie, du 13 juin au 22 août 2005. L’histoire se déroule au Texas, près de Plano et de Houston, où vivent plusieurs champions olympiques et où se trouve le centre d’entraînement de l’équipe nationale américaine de gymnastique.

Pour la finale, tournée au Memorial Sports Arena de Los Angeles, la production a fait appel à une douzaine de champions de gymnastique qui font une apparition dans le film. Parmi les plus célèbres d’entre eux, citons Carly Patterson (médaille d’or olympique en 2004), Isabelle Severino (France), Nastia Liukin (actuelle championne du monde et championne nationale américaine), Mohini Bhardwaj (qui a fait partie de l’équipe américaine olympique en 2004) et Allana Slater (Australie), ainsi que d’ex-champions comme Bart Conner, Elfi Schlegel et Tim Daggett. On les a fait venir des quatre coins du monde - d’Espagne, d’Australie, de France et du Japon - pour une semaine de tournage.

Ziert a été particulièrement impressionné par la volonté de la cinéaste de filmer la gymnastique dans toute sa réalité, tout en ayant à coeur de créer des personnages et des situations dans lesquels les spectateurs peuvent se reconnaître. « Elle a exigé que les exercices soient de très haut niveau, précise Ziert. Jessica sait vraiment retranscrire la vie d’une gymnaste. Elle-même a été gymnaste quand elle était jeune, et elle connaît les difficultés du métier. Ce qu’on voit dans le film, ce sont d’authentiques exercices de gym, associés à des figures plus modernes, comme des numéros de hip-hop. »

Ziert est entraîneur et partenaire financier de Bart Conner, double médaille olympique, qui dirige la Bart Conner Gymnastics Academy, dans l’Oklahoma, avec sa femme Nadia Comaneci, figure légendaire de gymnastique. Outre sa participation comme consultant, Conner fait une apparition dans le film, dans le rôle d’un journaliste à la finale.

Pour Conner, gymnaste le plus décoré des États-Unis, le portrait que le film brosse de ce sport l’a rempli de fierté. « Il y a des champions du monde qui ont participé au film, et l’histoire est très forte, dit-il. Il s’agit de jeunes femmes qui osent se dépasser, et même si quelques libertés ont été prises concernant le mode de vie des gymnastes, le film est d’un grand réalisme. Les aspects les plus techniques de la discipline ont été respectés, et le film en pointe aussi les défaillances. D’autre part, je me réjouis à l’idée qu’on assistera à quelques moments mémorables, qu’on ne voit pas habituellement dans les tournois. En général, on voit des gymnastes qui mènent une vie routinière et banale, et le film change vraiment la vision qu’on en a : c’est ce qui donne sa force au film. »

« Nous avons eu une chance inouïe de travailler avec deux cham­pions tels qu’Isabelle Severino et Nastia Liukin, indique Jeff Brid­ges. Elles ont beaucoup aidé les comédiennes, mais je n’ai cessé moi-même de les consulter pour savoir ce que leur dirait leur entraîneur ou quelle attitude il aurait à tel ou tel moment. Elles m’ont constamment éclairé. Je pense qu’elles ont inspiré les co­médiennes qui, à leur tour, les ont inspirées. Je crois bien que ces deux championnes envisagent aujourd’hui de devenir actrices, et la relation a donc fonctionné dans les deux sens. »

Sur le plateau du Los Angeles Sports Arena, le chef opérateur Daryn Okada a utilisé une caméra sophistiquée, appelée Spydercam, qui possède un dispositif de «motion-control» intégré permettant de filmer les exercices de gymnastique d’une manière totalement inédite. Suspendue à des câbles fixés au plafond, la caméra décrit une trajectoire programmée, permettant à Okada de tourner des plans des gymnastes en trois dimensions d’une fluidité inégalée. « Ce sont des plans qu’on n’aurait jamais pu tourner autrement, note-t-il. Ces plans témoigneront de la force de ces filles. Nous pouvons même accélérer leurs mouvements, pour les montrer en train de se lancer et de tournoyer dans les airs. »

Le chef opérateur a également utilisé d’autres dispositifs, comme des caméras sur rails et plusieurs caméras grues. « Dès mes premiers rendez-vous avec la production, il m’est apparu évident qu’il ne s’agissait pas uniquement d’un film sur le milieu de la gym, mais d’un film d’action pour ados, se rappelle Okada. Des objectifs aux éclairages, il y avait là tous les ingrédients d’un film d’action réussi. »

La production recruta également des centaines de figurants, censés évoquer les spectateurs du Sports Arena. Mais il fallut également utiliser des milliers de mannequins gonflables pour remplir le stade de 16 161 places. Enfin, le superviseur des effets spéciaux Henrik Fett a eu recours à l’infographie pour donner l’impression que le stade est totalement plein.

De son côté, le chef décorateur Bruce Curtis et son équipe ont sillonné la planète pour visiter les stades et y glaner quelques idées. « Nous avons parcouru la planète, de la Russie au Texas, et avons vu des gymnases privés et publics pour trouver de l’inspiration, et en retenir le meilleur, signale-t-il. Jessica Bendinger avait déjà mené des recherches pendant un an et demi, et avait accumulé une documentation impressionnante qui m’a beaucoup facilité la tâche. »

Le tournage des scènes de gym s’est concentré dans trois décors : les gymnases de la VGA, l’IG Classic et celui de la finale. Curtis souhaitait partir d’une réalité de base et l’améliorer pour les besoins du film. « Pour moi, c’est toujours l’harmonie entre les couleurs, le style visuel et le climat du film qui prime. Le meilleur décor, c’est celui qui ne se voit pas : on s’attache au jeu des comédiens et à l’atmosphère, et tout le reste est invisible. »

C’est un immeuble de l’Armée du Salut du centre ville de Los Angeles qui a été utilisé pour le vieux gymnase de la VGA, où Haley s’entraîne d’abord seule. « Le vieux gymnase a énormément de cachet : il se trouve dans un immeuble en briques et il est beaucoup plus dépouillé que le gymnase des champions, précise Curtis ». Quant à ce dernier, il s’agit d’un site ultrasophistiqué qui a été bâti dans l’entrepôt d’un tout nouveau complexe industriel de la ville de Chatsworth. Pour le style visuel du gymnase, Curtis s’est inspiré des centres d’entraînement pour champions de Chine et de Russie qu’il avait visités.

L’équipe a également tourné au centre d’éducation physique Thomas G. Larkin du Los Angeles Southwest College pour les scènes de compétition de l’IG Classic, au Cadillac Jack, restaurant des années 50 de San Valley, au tribunal San Fernando Municipal Court, au centre commercial de Northridge Fashion Center, à l’hôtel Marriott du centre ville de Los Angeles, au Metropolitan State Hospital et dans une pharmacie de North Hollywood.

Des sensations extrêmes
Dans les premières scènes du film, on apprend que Haley «Graham Cracker» Graham, tout comme ses copains Poot et Frank, sont des adeptes de la moto tout terrain, mais que leur passion commune attire les pires ennuis à Haley et des démêlés avec la justice. Alors que les trois amis s’amusent à faire des figures acrobatiques sur le terrain d’une maison en construction, Stussy, skateur du coin, et sa bande débarquent et s’en prennent à Haley, Poot et Frank pour les déloger.

La scène a été filmée dans un lotissement de Lancaster pendant la première semaine de tournage par Gary Hymes, réalisateur de deuxième équipe : il a été secondé par plusieurs sportifs de l’extrême comme les motards tout terrain Mike Escamilla, Scott Cranmer, Jr., et Ben Snowden, et les skateurs Jesse Fritsch et Jeremy Wray, qui ont tous servi de doublures aux comédiens.

Pour Missy Peregrym, « c’était l’un des meilleurs débuts de tournage que j’aie jamais connus. » Dans la scène, elle est totalement emmitouflée, dissimulant ses formes, avant qu’on ne découvre qu’il s’agit d’une fille. « Je joue la fille cool qui finit par révéler son identité. Je n’étais pas maquillée. Je n’avais pas le droit de sourire. Je portais les vêtements les plus amples que j’aie jamais portés, pour avoir l’air d’un garçon. Ça ne prenait qu’une dizaine de minutes chaque matin pour me maquiller et m’habiller. Ça aussi, c’était appréciable. »

Pour s’entraîner à la moto tout terrain, les deux comédiens John Patrick Amedori et Kellan Lutz ont passé une journée avec le motard professionnel Mike Escamilla. « Il nous a appris à avoir l’air naturel sur des motos, explique Amedori. On savait déjà faire de la moto, mais il nous a montré comment les motards professionnels chevauchent leur engin. Nous avons dû apprendre certaines techniques. À la fin de la journée, on savait faire quelques acrobaties. En plus, on est payé pour faire ça : c’est parfois génial d’être acteur. »

Escamilla et Cranmer ont servi de doublure à Peregrym pour la cascade la plus dangereuse, où Haley et Stussy se livrent un duel sans merci. C’est Escamilla qui finit par perdre le contrôle de sa moto et percute la porte-fenêtre de la maison.

Du justaucorps, rien que du justaucorps !
Si Haley s’est habituée à ses tenues confortables, à sa casquette de camionneur et à sa Game-Boy, elle doit bientôt endosser de nouveau son justaucorps... La chef costumière Carol Ramsey a dû se plonger dans le monde de la gymnastique pour imaginer les tenues des comédiens. Notons qu’elle a déjà travaillé sur des films autour du sport, comme MÊME PAS MAL (DODGEBALL), et la comédie sur le catch, READY TO RUMBLE. Elle a récemment inscrit son nom au générique de MON BEAU-PÈRE, MES PARENTS ET MOI.

« Je ne connaissais pas le milieu de la gym, et j’ai donc dû apprendre, confie-t-elle ». Au cours de ses recherches, elle s’est posée un certain nombre de questions : « Qu’est-ce qui compte le plus pour les gymnastes en matière de confort ? Quel est leur style vestimentaire ? Le style de ce milieu est très sophistiqué, ce que j’ignorais. On utilise beaucoup de strass et de Spandex, une sorte de matière métallique. Quand vous portez certains de ces justaucorps, on a l’impression que vous avez un corps métallique. »

Ramsey a assisté à plusieurs tournois de gym pour s’imprégner des tenues des sportives, de celles des juges et des recruteurs d’université. « Il a fallu que je veille à ce que les tenues des gymnastes soient stylées tout en étant suffisamment confortables car c’est primordial quand on a une activité physique aussi intense. » Ramsey a travaillé en étroite collaboration avec le chef décorateur Bruce Curtis afin que la palette de couleurs contribue à caractériser chaque personnage. Dans la plupart des scènes, Haley (motif de camouflage), Joanne (rose), Mina (bleu et jaune) et Wei Wei (vert) portent des tenues aux couleurs bien définies qui tranchent avec les décors des équipements sportifs. D’après Ramsey, « très vite, on a choisi les justaucorps qui s’accorderaient bien à chaque décor et à chaque tournoi. Par exemple, pour la finale, je voulais que le blanc éclatant de leurs survêtements ressorte du bleu du décor, et distingue les quatre gymnastes des autres finalistes. » Ramsey s’est également efforcée de créer des tenues qu’on n’a guère l’habitude de voir dans le monde de la gymnastique. « L’idée des justaucorps en camouflage ou ornés d’une flamme nous éloigne du milieu des gymnastes pour nous rapprocher d’un monde plus sophistiqué, plus glamour, explique-t-elle. Les gymnastes ne portent pas beaucoup de justaucorps en camouflage ou en strass. Nous voulions qu’il y ait une progression entre les tenues simples et fidèles à la réalité du début, et les costumes plus sophistiqués qui vous transportent dans un monde idéalisé à la fin. »

Une B.O. très rock
Tous ceux qui ont vu des gymnastes à l’oeuvre savent que la musique joue un rôle crucial dans la vie des sportifs. Pour les gymnastes tout particulièrement, la musique accompagne leur entraînement et rythme leurs exercices au sol. Bendinger et son équipe étaient conscients qu’un film de fiction se déroulant dans le milieu de la gym nécessiterait de la musique rock.

La production s’est réjouie que la chanteuse Missy Elliott, vainqueur de six Grammy Awards, accepte de céder les droits de «We run this» pour servir de chanson au film et de tourner un clip avec Dave Meyers : on y voit Elliott en gymnaste s’entraînant pour un championnat avec le médailler olympique Dominique Dawes.

Le compositeur Mike Simpson, qui fait partie du groupe Dust Brothers (collaborateur de Beck, des Beastie Boys, des Rolling Stones et d’autres), a beaucoup fait parler de lui dans le monde de la musique et a collaboré à plusieurs films comme FIGHT CLUB, ROAD TRIP, DANS LA PEAU DE MA MÈRE et, aujourd’hui, STICK IT.

« J’adore la musique, et c’est d’ailleurs mon premier domaine puisque j’écrivais pour la revue Spin et pour MTV, ajoute la réalisatrice. Non seulement j’ai la chance de tourner mon premier long métrage, mais en plus de travailler avec des artistes de l’envergure de Missy et Mike : qu’est-ce que je pourrais demander de plus ? «We run this» est un titre génial, et évoque formidablement l’état d’esprit et le cheminement de Haley »

Outre Elliott, on trouve sur la bande-originale des artistes confirmés et des talents prometteurs, et plusieurs genres musicaux allant du metal au rap. Le groupe de rock Electric Six, établi à Detroit, a écrit la chanson «Dance commander» qu’on entend pendant la compétition interne de la Vickerman Academy. Le mélange de garage, de dance, de punk et de metal évoque l’énergie de la jeunesse et le côté intrépide des futures championnes. Le titre «Come baby come», écrit par l’artiste new-yorkais K7, où se mêlent des influences rap et dance, rythme l’acrobatie de Wei Wei sur la poutre.

Quand Haley revient à la VGA, on entend la chanson «One big holiday», du groupe My Morning Jacket, dont les sonorités mêlent de la country et du rock alternatif.

Citons encore d’autres artistes comme le rappeur Talib Kweli, le groupe Blink 182, le groupe de hip-hop FannyPack, le groupe de punk Damone, les six rappeurs du groupe Jurassic 5, la chanteuse Jeannie Ortega, ou encore l’acteur John Patrick Amedori, Fall Out Boy, Green Day, Styx, Adam Ant... et même Perry Como. « La musique est très variée, pour dire le moins, précise Bendinger ».

Bien que le film se déroule dans le milieu de la gym, il raconte une histoire d’accomplissement individuel dans laquelle chacun peut se reconnaître. « Je pense que les spectateurs sont toujours heureux qu’on leur raconte une bonne histoire, déclare Missy Peregrym. Les gens sont constamment en quête de réalisme car ils veulent pouvoir se reconnaître ou s’identifier à ce qu’on leur raconte. Dans le film, certaines scènes les feront rire et d’autres les feront pleurer. Et, surtout, j’espère qu’ils sortiront du film en en sachant un peu plus sur le monde de la gym. »

« C’est un film qui devrait séduire toutes sortes de spectateurs, conclut la réalisatrice. C’est un film sur le sport, un film initiatique et un film pour ados qui mêle comédie, satire, accomplissement de soi et action. Le film parle de l’importance de trouver sa voie. Il évoque ceux qui tentent d’oublier leur passé, mais qui n’y arrivent pas vraiment. Son message est qu’il faut pardonner aux autres, se pardonner soi-même, et aller de l’avant. J’ai voulu écrire une histoire qui se situe à une période à mi-chemin du lycée et de la fac, qui parle d’une jeune femme qui se retrouve dans une situation qu’elle n’a pas choisie, mais qui doit finalement s’en accommoder pour aller de l’avant. Le film décrit une trajectoire qui part de l’égoïsme et qui aboutit à la générosité et au don de soi. Mais, au final, j’espère surtout que les spectateurs passeront un bon moment. »

Fiche et Jeu :
> Retrouvez la fiche du film et amusez-vous à retrouvez vos gymnastes préférés (jeu fermé)

_________________________
« Stick It » de Jessica Bendinger.
Avec Jeff Bridges, Missy Peregrym et John Balma.
Sortie le 10 janvier 2007



© Droits réservés.
Crédit photos : Walt Disney Pictures

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