Historique du
dopage dans le sport
Avant
même la naissance des premiers Jeux Olympiques, en 1896, un premier cas de
dopage est recensé. Il s'agit de nageurs qui ont été découverts à Amsterdam. Par
contre, on ne connaît aucuns détails supplémentaires sur le sujet, ce qui permet
difficilement de réellement marquer ce moment comme le point de départ du chaos
sportif.
Ce que l'on pourrait nommer comme étant l'apparition des
drogues dans le sport arrive vers la fin des années 50. À ce moment, les
sympathomimétiques sont démontrés comme étant des produits qui peuvent aisément
accélérer la fréquence cardiaque, dilater les bronchioles, et aider en général à
une contraction des vaisseaux sanguins, ce qui en bout de ligne, améliore
efficacement les performances du corps humain dans un contexte d'effort intense.
Ce sont par contre, les Jeux Olympiques de Rome, en 1960, qui
poussera le Comité International Olympique (CIO) à officialiser les contrôles
anti-dopage et ce, dès les Jeux Olympiques d'été de Mexico en 1968, des suites
de la mort de Knud Enemark Jensen.
Les cas
majeurs
Quelques grands scandales ont secoué le sport de façon
internationale.
En outre, l'affaire Festina, a entaché le Tour de France de
1998, alors que les autorités du Tour ont découvert plus de 900 doses de divers
produits dopants dans le véhicule du soigneur de l'équipe. Plusieurs autres cas
de dopage sportif sont venus ternir l'image du Tour de France depuis ce temps,
comme on l'a vu dernièrement avec la quasi condamnation du septuple champion
Lance Armstrong comme consommateur d'EPO. Tout ceci est sans parler de
toutes les autres disqualifications qui sont devenues monnaie courante lors de
TDF et qui, chaque année, remettent cet évènement au centre d'une importante
controverse.
La République Démocratique allemande (RDA) avait bâti un
solide programme de dopage majeur sur ses athlètes, en leur administrant
d'importantes doses de testostérone et d'anabolisants autant chez les adultes
que les enfants. Le cas fut découvert après la chute du mur de Berlin, en 1989.
Les principaux
effets des produits dopants
Les stéroïdes anabolisants, la créatine, la méthionine,
l'arginine, la glycine et les hormones de croissance, sont autant de produits
presque unilatéralement interdits, lesquels accèdent de façon individuelle ou
collective à une augmentation de la force et/ou de la puissance musculaire.
D'autre part, l'oxygénation est majorée si l'on absorbe des
substances comme le salbutamol, l'érythropoïétine (EPO) et le perfluocarbone (PFC)
Plusieurs athlètes vont chercher à vaincre facilement le
stress et améliorer leur concentration à l'aide des amphétamines, de l'alcool ou
encore des bêtabloquants.
Le sport de haut niveau demande un dépassement de soi, une
sorte d'oubli du corps. Les narcotiques (héroïne, morphine, méthadone), les
euphorisants (cocaïne, caféine et amphétamines), les antalgiques, les
analeptiques et l'insuline aide en ce sens à ralentir l'accroissement de la
douleur.
Les amphétamines combinées aux benzodiazépines permettent un
stade de très haute vigilance suivi d'un état de repos intense. Ce cocktail est
fréquemment utilisé dans les courses de longue haleine comme le Paris-Dakar.
Le salbutamol, le probénécide et le Propécia sont des
produits masquant, en ce sens qu'ils permettent en quelque sorte de dissimuler
la présence d'autres produits dopants dans l'organisme. Il faut se souvenir que
José Théodore, alors gardien de but du Canadien de Montréal, avait été au
centre d'une controverse lorsque l'on avait rendu publique sa consommation de
Propécia, qui sert également (comme premier usage) à empêcher la perte de
cheveux et réduire les risques de calvitie.
L'Agence
Mondiale Antidopage
L'AMA est présente depuis 1999 dans plusieurs compétitions
internationales afin de rechercher, d'analyser et d'abolir toute forme de
dopage.
L'Agence propose aux diverses fédérations, associations et
comités sportifs d'accepter le code mondial antidopage de l'AMA, convenant de se
plier aux décisions reliées aux analyses et éventuellement à des suspensions ou
bannissements de milieux sportifs.
Actuellement l'AMA comprend plus de 500 membres répartis dans
diverses disciplines sur le globe.
Les effets sur
la santé
La prise d'EPO par exemple, amène un épaississement du sang
et éventuellement, par ce fait, à un risque d'arrêt cardiaque ou d'insuffisance
cardiaque. On note aussi plusieurs cas de mots subites d'athlètes après une trop
grande consommation de produits dopants.
Bob Hazelton,
un boxer, a dû se faire amputer les deux jambes pour survivre à sa trop
importante consommation.
Évidemment, comme la plupart des substances s'apparentent à
de des drogues dures, plusieurs consommateurs en viennent à s'assouvir d'une
dépendance aiguë à ces produits, laquelle les suivra même au moment de leur
retraite du sport.
La perte de cheveux, l'acné, la stérilité, les problèmes
cardiaques, les difficultés rénales, l'hypertension, le diabète, des problèmes
au foie et à la rate, l'impuissance, les difficultés respiratoires et les
défaillances du système nerveux sont autant de facteurs qui sont influencés par
une prise régulière de produits dopants, et ce sont souvent les résultats de
plusieurs années de consommation.
Les effets
indirects
Outre la détérioration de l'organisme humain des
consommateurs de ces diverses substances, il est impératif de prendre en compte
que le sport en général est mis à l'écart par plusieurs amateurs en regard aux
divers scandales qui sont actif ici et là. Le Tour de France par exemple a vu sa
popularité chuter lorsque plusieurs cas de dopage ont fait surface coup sur
coup. De plus le cas de Lance Armstrong, qui à été couronné sept années
consécutives de cette grande compétition, n'a pas aidé la cause.
Le cas Barry Bonds est similaire, alors que le cogneur
par excellence dans l'histoire du baseball majeur, devenu un symbole héroïque
pour beaucoup d'amateurs, de jeunes et de gens de la communauté noire
américaine, a perdu passablement de son lustre lorsque l'on a connu toute
l'ampleur de sa consommation de drogues de performance. Isolé et poussé dans ses
retranchements, Bonds a même commis l'odieux de se parjurer dans une cour
fédérale et en paie aujourd'hui le prix.
Ainsi, par la pression mise sur les athlètes par les
amateurs, les entraîneurs, les équipes sportives, les pays et les instances
elles-mêmes, on pousse les sportifs au cordon du gouffre. Plusieurs scandales
ont éclaté et certains directeurs, président ou commissaires sportifs prennent
comme décision d'enrailler les drogues de leurs arènes. Combien de temps
s'écoulera-t-il avant que de nouvelles substances, indétectables, soient
disponibles sur le marché et éventuellement proposées aux athlètes ?
Jonathan Bolduc
Crédit photo : D.R.
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