Severino : «
C'est l'arrêt des Jeux »
Malgré
la grave blessure d'Isabelle Severino, l'équipe de France, quatrième des
qualifications, s'est qualifiée jeudi pour la finale des Championnats d'Europe à
Clermont-Ferrand. Mais pour la gymnaste de 28 ans, victime d'une rupture du
tendon d'Achille au pied gauche lors de son échauffement au sol, « tout
s'effondre ». A commencer par les JO de Pékin auxquels elle ne participera
pas, puis sa carrière.
Véronique Legras,
l'entraîneur des Françaises, ne pensait pas si bien dire quand elle avouait,
mercredi, à la veille des Championnats d'Europe féminins de gymnastique : «
Si la victoire s'obtient dans la douleur alors on sera super fortes.»
Fortes, les Françaises l'ont été, hier, en réussissant à terminer quatrièmes
(174,600 points derrière la Roumanie, 181,350, la Russie 176,425, et l'Italie,
175,450) des qualifications et ainsi se hisser en finale par équipes promises
aux huit premières, samedi en Auvergne.
En effet, avant la mi-parcours, elles ont perdu leur leader,
leur « maman » comme elles surnomment affectueusement Isabelle Severino
(28 ans le 9 avril) sur blessure. La championne d'Europe au sol en 2005 a
lourdement chuté sur une acrobatie périlleuse lors de l'échauffement au sol,
avant la deuxième de leurs quatre rotations. Son pied gauche s'est dérobé sur
l'impulsion d'un full-in. Le verdict médical est sans appel : rupture
totale du tendon d'Achille. Cela signifie opération et au minimum quatre mois
d'arrêt. De fait, en dépit d'une volonté farouche dont Severino ne manque pas,
le rêve olympique d'Isabelle s'est envolé, jeudi après-midi.
Elle ne se faisait aucune illusion à son retour de l'hôpital
: « C'est l'arrêt de la gym, l'arrêt des Jeux, l'arrêt de tout ce que j'avais
prévu, tout s'effondre ». Une triste fin pour une chic fille au caractère
bien trempé et au palmarès riche (bronze mondial en 1996 aux barres
asymétriques, or continental au sol en 2005) auquel il ne manquait qu'une
médaille olympique. C'était son rêve : terminer par un podium, au sol de
préférence, l'agrès sur lequel son sens du spectacle trouvait toute sa
dimension, à Pékin dans quatre mois. Evidemment marquées par l'accident de leur
aînée, les « petites » Françaises ont donc magnifiquement réagi hier. « C'est
un exemple pour nous, le pilier de l'équipe. On a essayé de rester concentrées
sur la compétition, même si on a eu peur pour elle » confia Marine Petit,
exemplaire comme ses partenaires. En plus d'une place en finale par équipes,
Marine s'est qualifiée pour la finale au sol, dimanche, tout comme Cassy
Véricel, médaillée de bronze à cet agrès aux Mondiaux en septembre dernier.
Pauline Morel, la nouvelle merveille de la gym française, s'illustrera à
la poutre, les deux agrès sur lesquels Isabelle Severino était engagée, jeudi.
© L’Equipe
Crédit photo : D.R.
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