Euro 2008 - Legras-Snoeck (France) : « C'est positif »
Si
les Françaises n'ont pas rajouté de médaille individuelle à leur historique
troisième place par équipes de samedi, leur performance d'ensemble lors des
Championnats d'Europe disputés à Clermont-ferrand reste très encourageante à
quatre mois des Jeux olympiques de Pékin. Explications en cinq points.
Une première
historique
C'est la première fois que l'équipe de France féminine grimpe
sur un podium international par équipes. Troisième derrière la Roumanie et la
Russie, la France confirme qu'elle fait belle et bien partie désormais des
nations fortes européennes, trois ans après la razzia de 2005, où Debauve, Le
Pennec et Severino avaient raflé cinq médailles individuelles, dont trois
titres. Certes, aux JO, il faudra composer avec les Etats-Unis et la Chine,
championne et vice-championne du monde 2007, mais les Françaises pourront tirer
partie de l'euphorie énergisante de ce premier podium européen par équipes. «
Cela nous donne envie, confie Cassy Vericel, médaillée de bronze
mondiale au sol en septembre 2007. On a encore plus de motivation pour la
suite. »
De
l'expérience en plus
Orpheline de sa « maman » Isabelle Severino (rupture
du tendon d'Achille), l'équipe de France était la plus jeune de la finale par
équipes. Avec trois filles nées en 1992 (Dugain, Petit, Morel) et une en 1991 (Vericel),
ce groupe cherchait donc avant tout à s'aguerrir sur ses terres. Chose que les
gymnastes ont faite avec professionnalisme en offrant un parcours quasi parfait
sur la finale par équipes, avant de commettre quelques petites erreurs de
jeunesse dans les finales par appareils. « C'est positif parce que les
petites avaient vraiment besoin de savoir qu'elles avaient du potentiel. Il
fallait aussi qu'elles prennent de l'expérience sur des finales individuelles
car, hormis Cassy, elles n'en avaient pas encore fait » résume Véronique
Legras-Snoeck, leur coach.
Une
progression encore possible d'ici les JO
Pour Véronique Legras-Snoeck, ces championnats d'Europe
n'étaient « qu'une étape » sur la route de Pékin. D'une part parce que
les gymnastes françaises ont présenté à Clermont-ferrand de nouveaux programmes,
beaucoup plus forts que lors des Mondiaux. « Nous avons vraiment augmenté nos
notes de départ et il fallait les valider », confirme la coach. D'autre part
parce que, si la plupart de ces programmes ont été effectués sans problème, il
reste des petites erreurs de jeunesse à corriger. « On voit par exemple que
le saut passe deux fois sur trois (Pauline Morel a chuté sur les mains en
finale par équipes). Il faut encore que l'on travaille, que l'on s'améliore
sur la qualité et la tenue de jambes et sur les réceptions. Et puis, on a encore
des choses à rentrer sur certains agrès. » De quoi augmenter encore d'un
cran le niveau de cette équipe de France. « Il faut toujours être ambitieux,
c'est ce que j'ai appris », conclue Véronique Legras-Snoeck en pensant aux
Jeux.
Sans Isabelle
Severino
Certes, les Bleues ont réussi à s'emparer de cette troisième
place sans Severino. Malgré tout, son absence à Pékin « est une perte
importante pour l'équipe de France, constate avec amertume le DTN,
Jean-Claude Jacquetin. Cela va nous demander de revoir un petit peu toute
la stratégie derrière pour réussir à accrocher des finales individuelles, voire
une finale par équipes. » Les tests de sélections lors des coupes
nationales, la semaine prochaine, les stages et les Championnats de France
permettront de choisir les gymnastes qui compléteront ce collectif talentueux.
On pense alors à Katheleen Lindor, déjà sélectionnée aux Mondiaux 2007,
mais aussi et surtout à Marine Debauve. La championne d'Europe 2005, si
elle continue sa progression (après deux ans d'arrêt), pourrait réussir le même
pari que son aînée Severino quatre ans plus tôt.
Le cas de
l'encadrement
Depuis le retrait de l'entraîneur national Yves Kieffer
en janvier dernier, la question de l'encadrement du collectif France reste un
sujet épineux. « Tant qu'il n'y aura pas d'autres informations venant de
l'administration centrale (Kieffer est toujours sous le coup d'une
inspection à son sujet), nous sommes dans une position fixe avec Véronique
Legras qui de n°2 est devenue n°1 », affirme toutefois le DTN au terme de ce
rendez-vous européen avant d'ajouter : « Nous aurons une réunion lors des
Coupes nationales le week-end prochain pour en discuter. Il pourrait être
envisagé, en attendant les résultats de l'investigation, que nous demandions à
Marie-Angéline Colson (responsable des juniors) de renforcer
l'équipe de l'INSEP et de faire le lien avec les Pôles de Marseille et
Saint-Etienne. »
Véronique Bury
Source : © L’Equipe
Crédit photo : L’Equipe
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