L'analyse descriptive
Le Wells, ou plus communément appelé soleil Skoumal en
rapport à sa position finale épaules disloquées est peu réalisé. En effet la
souplesse d’épaule nécessaire pour cet élément est parfois paradoxale avec
la masse musculaire des gymnastes. Ces derniers ne veulent ou ne peuvent pas
mettre en danger leurs épaules et pourtant dans le respect de la technique,
les risques sont réduits. De plus il s’agit d’un élément tout à fait
abordable d’un point de vue technique.
L’élément démarre de l’ATR. La descente est assimilée à
celle d’un soleil normal. L’évolution de l’élément se passe donc après le
passage vertical, sous la barre. En effet et de manière très schématique, le
gymnaste prend appuis sur la barre tout en exécutant une fermeture jambes
tronc. Nous pouvons assimiler cette position à celle d’une dorsale en barre
fixe (corps carpé) où la plus part du temps le gymnaste trouve le temps très
… long. Après avoir tenu cette position 90° le gymnaste se retrouve en
position équerre renversée prise inversée et doit sauter sur le temps de
l’ouverture pour remettre ses mains en prise classique.
Cette description non exhaustive va nous permettre de dégager quelques temps
forts de l’élément et ainsi les décrire de manière plus approfondie.
L'analyse biomécanique
Trajet du centre de gravité : Pendant les premiers 180° correspondants
à la descente de soleil, le centre de gravité du gymnaste suit le
trajet d’un cercle assimilable à un soleil classique (barre parallèle
ou barre fixe). A partir du passage vertical, le centre de gravité
garde une trajectoire de cercle mais celui ci diminue légèrement son
rayon, étant donné la fermeture jambes tronc. Après l’ouverture
il reprend sa position d’origine.
Les chutes lors de cet élément surviennent généralement pendant la phase de
carpé et de dislocation, ce qui au regard de l’analyse de la trajectoire du
centre de gravité paraît normal puisque c’est à ce moment là que le gymnaste
perd l’inertie de sa descente de soleil.
Cet élément ne comprenant pas de phase de temps de préparation (barre fixe)
ou d’acrobatie, l’analyse.
L'analyse musculaire
En effet, il est étonnant de formaliser ces actions
tant certaines paraissent contradictoires.
La descente comme celle d’un soleil normale peut être exécutée en position
de gainage, poitrine rentrée, bassin en rétroversion. Le passage de la
courbe avant à la courbe arrière est le moment où le gymnaste plie les
jambes.
Pourtant, il est possible de voir le gymnaste adopter une position moins
académique. Certain opte pour une fermeture jambes tronc plus prononcée
pendant la descente, supprimant la position dite de gainage. Deux
explications à cette modification technique :
- Tout d’abord, une différenciation des descentes classiques (soleil, soleil
double, …) et de la descente de cet élément tout à fait différent dans sa
phase de remontée. (en rapport aux éléments classiques, soleil…),
- Dans un second temps, l’analogie entre la position de la descente et celle
recherchée lors de la phase de montée (cf. : corps carpé).
Les actions musculaires sont encore un peu plus contradictoires lors de la
phase de remontée du Wells.
Le passage vertical (en dessous de la barre) est le
moment clé de l’élément. Il est aussi le moment où la technique du Wells
dévie de celle du soleil traditionnel. Après le passage vertical, le
gymnaste doit commencer à prendre appuis sur les barres. Pour cela il va
pousser la poitrine vers le haut tout en accentuant son antépulsion au
niveau des épaules et ainsi créer la dislocation. La tête va à cet instant
jouer un rôle décisif puisque à l’image de la dorsale en barre fixe, elle
viendra se coller contre la poitrine (tête rentrée). Pendant ce temps le
gymnaste exécutera une forte fermeture jambes/tronc. Cette action a deux
utilités essentielles :
- La première celle d’obtenir la position finale du Wells (disloque épaules
et fermeture jambes/tronc) ,
- la seconde, celle de pérenniser et d’accentuer la rotation du soleil,
freinée auparavant par la disloque des épaules.
La position dite « dorsale » est gardée plus de 90° jusqu’à l’appui complet
sur la barre. Notons que cette position est tenable en grande partie grâce à
un travail de contraction abdominale (régime de contraction isométrique)
très important ainsi qu'à un travail de proprioception (mélange de tout type de contractions
musculaires) au niveau des épaules très peu visible.
La dernière partie du
Wells est la plus simple. Le gymnaste exécute une
ouverture jambes/tronc, lui permettant tout en sautant de re-disloquer les
épaules.
L’ensemble du corps travail ensemble ou de manière coordonnée sur l’élément.
Nous insisterons sur les moments clé décrient auparavant.
Pré-requis Il est évident que pour aborder cet élément, le
gymnaste doit avoir travaillé en dessous aux barres parallèles, en
particulier à cause de la notion affective de la prise de barre. Nous savons
tous que les descentes aux barres parallèles sont souvent à l’origine de
grandes peurs chez les gymnastes. Cette notion affective est d’autant plus
vraie que l’élément sera appris de l’équilibre. Il est en effet très
difficile de réaliser le Wells en partant d’un balancé réduit. (cf. prise de
barre après la verticale = besoin de rotation important).
Les pré-requis sont :
- Une descente de l’ATR vers la suspension aux
barres parallèles,
- Un Moy à l’appui, en rapport aux actions quelques peu similaires au
passage vertical,
- Le contrôle de la position dorsale (en petite barre fixe avec parade),
- Un pré requis physique est bien sur souhaité entre souplesse d’épaules et
force de ces dernières.
Attention : Il serait
réducteur de croire que le soleil est un pré requis technique. Il est
dangereux de faire un parallèle entre
les deux éléments puisque le Wells paraît quelque peu anti-techniques du
soleil au moins pendant sa phase de remontée. La maîtrise de l’un n’entraîne
pas du tout l’acquisition de l’autre.
Astuces pour la
réussiteLa première astuce est de ne pas vouloir réaliser le
Wells en entier dès les premiers passages. Vous ne craignez rien à prendre
l’appui après le passage vertical puis à retomber debout entre les barres ou
bien à écarter les jambes sur les barres.
Dans le même état d’esprit, cela ne sert à rien de vouloir sauter tout de
suite à l’ATR. Venez prendre l’appui en position renversée et restez dans
cette position.
Enfin, la barre « tient » mieux en Wells qu’en
soleil. La prise changeant très tôt sous la barre, on se sent beaucoup plus
rassuré…
Pour sentir l’appui il est possible de passer
par une roulade arrière au sol et venir prendre l’appui façon Wells.
Soyez préparés physiquement, notamment sur la disloque…
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