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La pose des mains - Pour le Tsukahara la
modification à apporter est la pose de main puisqu’il faudra exécuter un
quart de tour (voire un demi) au moment de la pose des mains. Il s’agit de
décaler les mains, l’une en avant de l’autre pour créer cette rotation
longitudinale. Si vous décaler les mains, cela implique un décalage de
l’épaule ; hors cela suffit à créer la rondade en elle même.
La phase d’impulsion correspond à l’impulsion d’une lune. Là encore tout le
monde n’est pas d’accord. Nous préconiserons un travail de retour en
position debout en l’air. Les pieds viennent à la place des mains et la tête
à la place des pieds pour faire très simple ! Quid des bras ! Nous les
voyons positionné à 45° oblique basse pour exécuter le salto tendu (cf.
vidéo). |
Analyse biomécanique
Mouvement rectiligne horizontal pendant la course sur
le tremplin, le gymnaste doit - et ceci est un principe mécanique - se
trouver position un tout petit peu vers l’avant. La rotation transversale se
créée grâce à deux principes mécaniques, le blocage du mouvement rectiligne
et la poussée excentrée. Alors il ne s’agit pas d’être penché vers l’avant
mais d’orienter de manière gainée (en bloc solide) le haut du corps pour
créer cette rotation transversale.
Le deuxième blocage sur la table est un moment important qui dépend en
grande partie de ce qui s’est passé sur le tremplin. En effet, une fois
que l'athlète aura quitté la table, il ne peut plus modifier sa trajectoire.
Tout ce passe donc avant. La création de la rotation à partir des mains sur
la table dépend donc des mêmes principes biomécaniques que ceux du tremplin.
Le gymnaste doit avoir conservé de la vitesse horizontale pour bloquer au
moment de l’impulsion et orienter son corps afin de créer la rotation
transversale. Une autre notion importante de la biomécanique intervient ici,
le transfert de moment cinétique. En étant très simple, c’est l’efficacité
des courbes et des courbettes et le transfert d’énergie de l’une à l’autre.
En effet, sur la table, le transfert pour créer le salto tendu est d’autant
plus efficace que la gymnaste est en position gainée, bassin retro-versé.
Analyse musculaire
Le travail d’impulsion sur la table est un moment clé du Tsukahara mais
pas spécifique à ce saut. Il est préférable ici de parler de transferts
d’énergies… hors pour le passage du tremplin à la table, autrement dit le
blocage de la course, il faut travailler absolument très gainé, avoir le
bassin engagé et pas de fesses en arrière.
Il faut complètement bannir l’idée de tirer les talons. Simplement
parce qu'à partir du tremplin, c’est un renversement en bloc. Il n’y a ni
tirade talons, ni fermeture des épaules. Il faut simplifier les choses. En
lune, nous demandons en apprentissage un corps droit, gainé, solide, dur et
une impulsion bras. Ce saut est identique dans l’apprentissage, il y a un
demi tour en rotation longitudinale en plus. Avec un peu d’expérience, le
gymnaste peut prendre un peu « d’angle d’épaule », attaquer différemment la
table de saut avec un angle de talons (Saut en Tsukahara double carpé ou en
double vrille), mais dans l’apprentissage et pour réaliser un Tsukahara
tendu ; la déformation de ces angles n’est ni nécessaire, ni opportun.
La position en l’air est par contre un élément important du saut. Les
gymnastes optent pour plusieurs positions : Le bassin retro-versé et le
corps gainé, ou bien en légère ouverture de bassin pour donner un petit peu
de rotation. Ici chacun peut adapter en fonction de son gym et de sa
préférence. Pourtant quelques points sont à respecter : la position de la
tête, le menton rentré vers la gorge et la position des bras positionnés
tendus, à hauteur du bassin pour préparer le travail des vrilles.
Pré-requis
Bien évidemment, le premier pré-requis est la lune
et ceci paraît si simple qu’on l’oublie facilement. Encore une fois la
rondade, en particulier au saut, n’est que l’évolution du renversement issu
de la lune. Souvent de jeunes gymnastes tentent le Tsukahara, et ceci fait
parti du côté « ludique ».
En réalisation globale, ce saut est très simple. Dans une fosse bien
protégée, n’importe quel gymnaste courageux peut réaliser ce saut, mais
attention : tomber dans ce jeu de la réalisation globale entraîne une prise
de défaut symptomatique (rondade fauchée, tête tirée, pas d’impulsion sur
table,…) qui ne permettront pas aux sportifs d’évoluer sur ce saut car il
n’est que la base pour des difficultés bien plus élaborées (vrille ou
doubles rotations transversales). Alors ne passez pas à côté d’un
apprentissage de la lune très stricte, il conditionne l’ensemble des
familles du saut de cheval.
Deuxième pré-requis fondamental, la rondade au sol puisque totalement
transposable sur la table de saut.
Une petite notion acrobatique n’est pas négligeable même si ce n’est pas
essentiel au moment de la réalisation mais un gymnaste sûr de sa capacité à
engager une rotation transversale arrière possède un peu d’avance dans
l’apprentissage.
Astuces pour la
réussite
Selon le temps que vous possédez, les moyens matériels et
humains, l’approche est un petit peu différente. Le travail de renforcement
avec tapis à hauteur de table est un incontournable. D’ailleurs ceci est
vrai pour le Tsukahara comme pour la lune. Dans chaque cas, et en
particulier pour le Tsukahara, il ne s’agit pas de sur-jouer, c’est-à-dire
de vouloir arriver à plat dos en rondade mais de s’imposer un travail
technique subtil. Encore une fois le Tsukahara en lui même est très simple à
réaliser mais la finesse de chaque détail mérite de s’y attarder. Ce travail
à hauteur permet donc de renforcer l’impulsion et la position des bras du
gymnaste. Ce travail permet de faire un focus général sur les défauts qui
sont accentués par la hauteur.
Un travail avec tremplin et plint est très facile à mettre en œuvre et
permet de simplifier l’apprentissage :
- Moins de course d’élan
- Moins d’appréhension liée à la hauteur
- Possibilité de travailler pieds décalés sur le tremplin (façon roue) pour
plus de rythme
- Possibilité de parade plus facile pour l’entraîneur
Troisième astuce simple : la parade. En effet l’entraîneur peut
facilement aider ou rassurer le gym lors de la réalisation du saut. Deux
possibilités s’offrent à vous :
- La première plutôt utilisée pour les petits qui est de s’installer à
hauteur de table avec une caisse et de faire tourner le gym après
l’impulsion bras.
- La seconde est de vous mettre derrière la table au moment de la fin du
salto et de compenser un éventuel manque de rotation.
Ceci paraît évident mais le faire permet un apprentissage plus serein pour
le gym et l’entraîneur.
Enfin, certains détails sont d’une importance capitale. Le premier est que
vous devez en tant qu’entraîneur vous renseigner sur le sens de rotation
longitudinale de votre gym et ceci en relation avec son sens de rondade (ou
roue). En effet, il peut y avoir paradoxe entre les deux et on se retrouve
avec une vrille à mettre en action alors que la rondade nous attire de
l’autre côté…
Faites vraiment attention à la position de tête qui peut être un frein à la
rotation transversale mais surtout un parasite de la rotation longitudinale.
Enfin, contrairement à l’ancien saut le décalage des mains est moins
obligatoire, le travail d’impulsion doit être la priorité. Le décalage des
mains reste naturel.
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