Analyse biomécanique
L’acrobatie en tant que telle n’étant pas difficile (saut
droit + demi-tour), nous allons nous attarder sur le shoot arrière
et l’action à effectuer sur la barre avec les bras.
Le shoot arrière est réalisé grâce aux courbettes dynamiques et au transfert
d’énergie que celles-ci impliquent : ainsi, le gymnaste en chandelle haute
au début de la prise d’élan emmagasine de l’énergie potentielle qu’il va
transformer en énergie cinétique (vitesse angulaire) et qui sera soutenue
par le passage de courbe concave arrière en courbe concave avant.
Au passage vertical, le gym en position bassin rétroversé, au maximum de sa
vitesse et de la tension de la barre va restituer toute cette énergie pour
passer par dessus la barre. L'étape suivante est
essentielle car le gymnaste doit, à l’issue du shoot arrière final, bloquer
ces pointes et transférer cette énergie au reste du corps jusqu’aux mains
pour pousser sur la barre. Ainsi la maîtrise de la
dynamique des courbes, la mise en tension de la barre, la restitution de
l’énergie élastique, et le transfert de moment cinétique sont des
principes primordiaux de ce lâcher de barre qui dans sa réalisation
parfaite est d’une grande difficulté. Nous
pouvons parler également de la façon de créer le demi-tour puisque si le
franchissement est bien réalisé le demi tour est orienté par les pointes et
souvent accentué par une poussé de barre déjà excentrée.
Analyse musculaire
Cette analyse semble très pertinente au regard des minces différences qu’il
peut exister entre certaines actions musculaires.
Tout d’abord, le travail des courbes est essentiel. Le passage de la
contraction des ischios-jambiers (courbe concave arrière), à la rétro
version du bassin (courbe concave avant) sans fermeture de l'angle
jambes/tronc est essentiel. La maîtrise de cette courbette
dynamique est un passage obligé dans la réussite de ce lâcher. En effet, la
fermeture jambes/tronc casse la relation à la barre et stoppe le transfert
d’énergie (perte de contrôle musculaire).
Les épaules ont un rôle important dans le franchissement de la barre. Le
gymnaste doit avoir les épaules basses au moment du shoot arrière et doit
être capable, à ce moment, de procéder à une rétropulsion sur la barre
accompagnée d’une impulsion (jeté de barre).
C’est grâce à cette action que le gymnaste s’élève au dessus de la barre et
que le bassin, les pointes franchissent la barre également.
Cette double action, shoot arrière et bras est bien plus difficile
qu’il n’y paraît puisqu’elle induit une appréhension pour le
gymnaste. En effet, la faute le plus repérée est celle où le gym laisse
consciemment passer ces épaules devant la barre et ne peut correctement
pousser dans celle-ci, il franchit généralement la barre mais sur la côté et
ne la rattrape pas souvent.
On voit souvent : Un shoot
arrière trop long + une prise d’appuis du gym, les épaules devant la barre +
réduction de l’action des bras sur la barre = petit franchissement de barre.
L’idée est donc de repousser le corps presque derrière la barre.
Pré-requis
Bien évidemment, le rétablissement arrière est un
pré-requis obligatoire en vue de réussir le Yamawaki. Ce travail de shoot
est d’ailleurs une base du travail en barre fixe, et pas uniquement pour les
lâchers de barre. Comme tous les lâchers, on préconise
généralement un travail de chute au préalable (saut de la barre fixe,
etc...). Il est possible aussi de travailler le relevé des épaules et le
demi-tour au trampoline. Cet atelier permet d’appréhender la sensation
acrobatique. Il est évident qu’un bon niveau de
préparation physique générale est essentiel notamment dans
l’objectif de maintenir le tonus musculaire pour travailler avec la barre.
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